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Infraverbal et verbal pour communiquer avec l’enfant autiste

La première chose qui frappe chez l’enfant autiste est l’impossibilité d’entrer naturellement en communication avec lui. Très vite aussi, il apparait qu’il souffre d’un trouble grave de la personnalité. Pour mieux comprendre ce qui réellement soigne ces enfants, la communication doit être privilégiée comme axe de réflexion.

La communication se décompose à deux niveaux, celui du verbal et celui de l’infra verbal. Le verbal est l’information perçue de manière consciente dans l’échange. Maîtrisable, il permet de contrôler directement l’échange. Complémentaire, la communication infra verbale positionne de manière vivante l’interlocuteur dans le temps et l’espace de la rencontre. Elle transmet les codes qui permettent de capter la dimension émotionnelle de la parole. Tous les enfants autistes sont caractérisés par une déficience de l’infra verbal ce qui n’empêche pas certains d’avoir l’usage du verbal. Normalement, la présence d’un interlocuteur est établie par la captation de signaux émis par le regard, la voix et l’ensemble du corps. Ces informations, traitées au niveau infra verbal, sont perçues de manière immédiate par le truchement des cinq sens coordonnés. C’est exactement le processus qui émeut lorsqu’on écoute de la musique ou qui rend sensible à l’esthétique d’une œuvre d’art. L’enfant autiste ne peut en revanche ‘’se brancher’’ ainsi instantanément sur l’autre, car son système perceptif déficient ne capte pas ces signaux. L’infra verbal est une communication corporelle qui mobilise l’intégralité de la personne. Il se met en place dès l’embryogenèse et organise la communication du bébé avant que la parole n’émerge. La construction de l’infra verbal est influencée par des facteurs génétiques, mais elle est surtout sensible au milieu physiologique qui dépend lui-même du contexte relationnel. Pour soigner l’enfant autiste, les méthodes éducatives et pédagogiques travaillent essentiellement au niveau verbal, tandis que les approches corporelles et ludiques, au même titre que les psychothérapies, développent surtout l’infra verbal. Le verbal, soumis aux règles linguistiques, ouvre l’enfant vers l’extérieur en le structurant dans la normalité, alors que l’infra verbal met, par l’implication corporelle, l’enfant en relation avec lui-même et avec l’intime de l’autre. En réalité, les deux niveaux sont indissociables. Plus une technique éducative est appliquée par le soignant avec amour et créativité, plus l’information transmise est liée à l’infra verbal. Pour l’humain, une information est toujours reçue dans un contexte affectif, la répétition n’existe pas car la dimension corporelle modifie constamment le contenu de l’échange : c’est ce « presque pareil » qui construit l’enfant autiste. Il est donc conseillé, avec des méthodes codifiées et rigoureuses, de stimuler l’infra verbal en valorisant les particularités de chacun. Par ailleurs, la subtilité et la complexité de l’infra verbal requièrent une relation avec un thérapeute, dégagée de toute contrainte, où l’enfant mène la danse pour se rencontrer au plus intime : ni passé, ni futur, mais une présence dans l’instantanéité de la séance pour qu’émerge une connivence créative. Le thérapeute doit être dans la perception du corps de l’enfant en restant attentif aux mouvements pour déclencher des processus restés inhibés lors de la vie in utero. Ainsi, l’enfant vit des expériences construisant pas à pas un système perceptif infra verbal qui l’ouvre à lui-même et à l’autre dans la différence. Ces transformations fonctionnent si le thérapeute a la capacité de se représenter, séance après séance et en deçà de la pensée, l’historique du rapport à la réalité de l’enfant autiste. L’efficacité des thérapies d’une part, et des méthodes pédagogique et éducative de l’autre, vient de la combinaison de l’infra verbal et du verbal chez l’adulte soignant. Cette combinaison rend les deux approches structurantes pour l’enfant, il est par conséquent bénéfique de mener en parallèle des prises en charge variées. Si les constructions déclenchées chez l’enfant par la thérapie restent lentes (elles agissent en effet au cœur de la personnalité mobilisée dans sa totalité), les méthodes éducatives, qui travaillent sur des éléments partiels, donnent des résultats plus rapides. Elles créent de premières ouvertures, mais l’enfant est vite limité dans son développement, si un travail thérapeutique en profondeur n’est pas conduit en même temps. Notre devoir est de sortir les enfants autistes de leur enfermement et de souffrances indicibles afin qu’ils tentent de construire une vie affective fondée sur l’autonomie, le désir et la culpabilité. Ceci n’est possible qu’en les pensant acteurs de leur vie capables d’accéder à une intelligence profonde de leur être sans en rester à la simple stimulation de leurs capacités intellectuelles en vue d’une adaptation sociale.

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La communication, cœur de l’évolution du bébé et de l’enfant

Quand vous êtes au théâtre ou au concert, vous êtes dans une attente de plaisir qui vous ouvre à une réception globale. A l’opposé, si vous écoutez quelqu’un vous expliquer la situation économique, vous faites appel en vous à une pensée analytique pour comprendre le contenu de la parole. Il faudrait ce soir que vous soyez dans une réception proche de celle dans une salle de théâtre. Vous allez plus m’écouter qu’écouter ce que je dis. Si vous m’écoutez, vous recevez sans filtrer à travers vos connaissances. Avec cette disposition,  des pensées émergent qui sont la base de la compréhension. Maintenir ces deux niveaux, permet de saisir la totalité d’une conférence comme celle-ci. Ainsi vous vous donnerez une place aussi importante que la mienne car l’échange n’est pas uniquement au niveau du savoir mais aussi de l’être. Ce qui devrait faciliter le débat ensuite.

Pourquoi est-il si naturel de communiquer avec un bébé bien portant ?

 

Du côté du bébé :

« Un bébé bien portant » : paradoxalement on ne dit pas « bien porté » la forme passive mais « bien portant » comme si dans une communication avec un bébé c’est lui qui est moteur, c’est lui qui déclenche la communication et qui la guide, il est « portant » de la communication, de « sa » communication. En même temps comme l’embryon puis le fœtus, le bébé est dépendant de la mère, le bébé doit communiquer pour évoluer et se construire. Il ne peut pas se construire sans la communication, à chaque fois qu’il communique il se construit. Le bébé comme l’enfant cherche toujours à communiquer – même un enfant autiste – quand un bébé ne communique plus, l’erreur vient de l’adulte, le bébé lui est prêt à s’ouvrir si le contexte est favorable.

Du côté de l’adulte :

« Un bébé bien portant » émet une communication que l’adulte est apte à recevoir. Il envoie avec son corps dans sa globalité des signaux recevables par l’adulte. Pour atteindre cette communication, l’adulte doit se mettre dans une certaine disposition qu’il atteint « naturellement ». Dans le sens où le chemin pour s’adapter au bébé se trace seul en soi sans construction préalable, la porte d’entrée est  la communication infra verbale.

Quel est ce mouvement naturel qui est rarement décrit car en deçà de la pensée ?

Je l’ai conceptualisé sous le terme : accordage proximal

L’accordage proximal, AP, s’installe de manière naturelle avec un bébé, il est possible de le favoriser avec des enfants ou des adultes qui ont besoin de soin. L’accordage proximal peut aussi dénouer une relation dans un cadre plus léger comme l’enseignement ou la garde d’enfants.

ACCORDAGE PROXIMAL

Système perceptif

La perception est le système qui met en contact deux individus. L’AP renvoie à une manière particulière de percevoir selon une modélisation du système perceptif composé d’un système perceptif proximal et d’une perception distale.

  • Système perceptif proximal : il s’exerce en continuité et de manière proche comme pour le toucher, le goût et l’odorat mais il existe aussi la vue proximale (vue du début de la vie, contact du regard, vue périphérique) et l’audition proximale (un son qui touche). Il fonctionne toujours avec l’unité et la globalité de la personne.
  • Perception distale : il s’exerce en séquences et de loin, vue distale, audition distale, immédiatement utilisable par la pensée

Lorsque vous êtes en accordage proximal, vous favorisez le système perceptif proximal.

Unité, globalité

L’AP a pour effet d’unifier chacun des deux individus en accord avec le système de communication. L’AP révèle les unités réciproques des individus et agit au niveau global de l’individu. Ainsi paradoxalement c’est en accordage proximal que le bébé découvre les sentiments liés à son identité, alors qu’il est en relation avec sa mère. Cette situation où la relation est intriquée aux sentiments d’identité, est à l’origine de l’altérité et de l’attachement.

Espace-temps

C’est le bébé qui amène l’adulte en accordage proximal et qui guide l’adulte dans l’évolution de l’interaction. A partir du moment où la communication qui a été initiée par le bébé, s’installe, le bébé et l’adulte ne sont pas dans un échange linéaire avec un début et une fin, et avec des questions-réponses. La réception et l’émission sont concomitantes. Vous êtes dans une danse hors temps.  En communication avec un bébé vous êtes proche de cet état du fœtus dans le ventre de la mère qui est toujours en mouvement et qui ne connait pas un repère orthonormé et un temps linéaire. Pour approcher ce que vit un bébé, il faut quitter ces repères familiers.

Evolution

Un individu ne peut se transformer que s’il est en AP. Cela signifie que l’on ne peut évoluer qu’en relation avec quelqu’un et avec un fonctionnement important du système perceptif proximal. A partir du moment où le bébé est en relation – en accordage proximal – il se construit. En AP, le bébé est entièrement lui, les évolutions sont toujours prises dans une globalité.

Disposition corporelle de l’adulte

L’AP peut être rapproché de l’état d’être enceinte où on est là pour le futur bébé, on est plus dans une réception  qu’un désir de dire.

  • Le guide n’est pas la tête mais la globalité du corps avec un centre bien stable et de bonne limite. La position assise est plus appropriée au proximal qu’au distal auquel correspond la position verticale.
  • Pour faciliter cette résonnance, il faut une disposition corporelle de lâcher prise sur l’ensemble du corps, la respiration par son ampleur et sa souplesse, favorise la détente.
  • Il faut donc favoriser l’exercice du système perceptif proximal : Parler lentement et doucement pour favoriser un ancrage dans le corps et mieux unifier la voix avec le corps, sons proximaux, contact du regard.
  • La perception est plus sensuelle et émotionnelle.
  • Il faut favoriser le toucher, l’odorat et le goût : toucher en rythme le bébé.
  • La communication infra verbale qui est basée sur des signaux électromagnétiques et acoustiques en deçà de l’audible et du visible, construit l’interaction sans avoir besoin de la penser volontairement. Exemple : vous parlez doucement ou vous bercez le bébé qui reçoit avec satisfaction votre initiative. En réalité, à ce niveau, il a initié chez vous ce comportement.

La pensée de l’adulte

L’adulte doit se dépouiller d’une pensée trop réflexive qui est là pour se protéger mais qui n’est pas au service de la communication avec l’autre. C’est une pensée trop riche en fantasmes et en émotion.

Il faut aussi savoir que le modèle de pensée dans lequel l’adulte s’inscrit ne sert pas directement à l’enfant. Il permet à l’adulte de se structurer et d’organiser la relation pour offrir à l’enfant une cohérence, l’enfant lui capte seulement les effets de l’organisation obtenue par la pensée.

L’adulte ne doit pas chercher à comprendre volontairement l’intériorité du bébé, ses désirs, ses représentations, ses affects puisque le bébé n’a pas atteint ce niveau de développement.

Pour être en communication avec un bébé, l’adulte doit utiliser seulement les processus matures chez le bébé donc il faut penser la communication au niveau du corps. Il faut laisser venir une pensée qui est nourrie par l’accordage proximal. Elle doit émerger malgré soi, elle est le résultat de la rencontre pour laquelle on a posé un cadre qui est l’AP.

 

Pourquoi à l’inverse est-il si compliqué de rester en communication avec un bébé qui souffre ?

 

Un bébé qui souffre a une atteinte physiologique ou psychique qui empêche la globalité de l’être. Une partie de lui n’est plus en cohérence avec l’ensemble, ne fonctionne plus avec l’ensemble. La souffrance avec le symptôme (physiologique ou psychique) est due à un non sens par rapport à l’ensemble. Le bébé est alors dans un état  éparpillé et morcelé, une partie de lui ne peut plus être intégrée.

Cet état attaque la qualité de la communication puisqu’en AP, seule l’unité permet le contact. L’absence de communication en AP augmente le morcellement. Le bébé est dans une spirale d’enfermement et de souffrance.

Le bébé cherche à communiquer mais il attend un contexte pour pouvoir à nouveau être en contact.

Il est possible aussi que le bébé soit disposé à communiquer mais que l’adulte ne parvienne pas à le rejoindre.

L’adulte qui est en attente d’AP où l’on est avec l’autre de manière intense, a un ressenti du vide et d’abandon d’autant plus fort. Il est dans des processus où son être le plus intime est exposé et cette sensation provoque une fermeture où l’adulte perd son unité qui peut se traduire par la mise en place de différents systèmes de défense : confusion, envahissement d’émotions, pensée toute puissante.

L’adulte ne parvient plus à lui proposer un contexte qui lui permette d’être en communication, il ne peut plus poser le cadre de l’accordage proximal.

Et comment (re)trouver la communication avec un bébé ou un enfant ?

 

Pour retrouver la communication avec le bébé et par là-même le soigner, il faut lui permette de se retrouver globalement pour qu’il renforce lui-même son unification.

On pourrait imaginer qu’il faut faire un travail de pensée, comprendre le dysfonctionnement et en donnant un sens à la partie  chaotique qui n’est plus intégrée à l’ensemble, retrouver l’unité. Or le sens qui permet de réintégrer cette partie n’existe que dans le système du bébé et ce système est unique.

L’adulte qui réfléchit de loin, reste dans son système et ne peut pas trouver du sens pour le bébé.

Il faut avant tout être en contact globalement pour accéder à la vérité du bébé.

Etre en contact est l’état d’être présent à l’autre ou d’être avec l’autre. Cela n’amène pas de comparaison vous êtes branché sur la vérité du bébé dans la réalité. L’amour est ce qui approche au mieux de cet état. Quel amour ? C’est l’amour fondamental que l’on a pour l’humanité. C’est un amour universel qui sorti de tout contexte rejoint le spécifique de chaque être. Cet amour se départit au mieux des fantasmes et de l’imaginaire. Cet amour comprend l’altérité et admet l’entière liberté de l’autre. Si le bébé n’est pas considéré dans sa liberté, il ne peut pas prendre l’initiative d’être à nouveau avec vous. Cet amour universel est aussi valable pour l’adulte et renforce chez lui son intégrité.

L’important est de puiser en soi, une énergie vitale pour nourrir un centre. L’adulte qui veut retrouver un bébé doit être dans un bien être  pour que le bébé avec le peu qui lui reste d’ouverture retrouve un contact. Ce niveau est universel. Il parvient toujours à créer du contact. Plus vous êtes centré au niveau essentiel, plus vous réveillez chez le bébé le même niveau. Ce mouvement installe plus clairement deux individualités dans l’altérité.  Plus vous favorisez l’expressivité du système de l’autre avec sa part pathologique.

Dans une telle communication, l’altérité s’impose d’elle-même par la force de se sentir vous-même. L’évidence de l’altérité entraine que le morbide du bébé est reçu dans son système à lui et non pas à travers votre système à vous. Ceci est fondamental. La communication est à deux niveaux, l’un où vous êtes en continu en présence de l’autre dans l’altérité et l’autre en réception de connaissances sur l’autre. Cette connaissance est accessible à votre pensée.

Si l’accordage proximal est bon, vous permettez au bébé d’accéder à nouveau à ses processus vitaux structurés, organisés qui sont sensés. Il trouve lui-même à nouveau un sens à sa globalité. Ce sens, alors que les deux individus sont en relation, peut être approprié immédiatement par celui qui est concerné. C’est toujours le bébé qui se soigne lui-même.

Parfois la pensée consciente ne sera même pas nécessaire car la communication et la vie psychique aura reprise sans même qu’une pensée ne se formule.

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Dans ce type de communication, il faut découvrir que si on lâche une volonté de comprendre par une maitrise de la pensée, un sens beaucoup plus juste émerge et construit la relation et le plus intime de chacun des individus. Et éventuellement ce type de communication nourrie une pensée consciente. C’est  ce sens fondamental au cœur de l’humain et de la relation qui est à l’origine de la parole.

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portrait d’un adolescent dysphasique

Il m’a été demandé de parler de K pour l’aider à définir le milieu professionnel qui lui conviendrait le mieux.

K a une connaissance de lui-même, il est apte à savoir quels sont les environnements dans lesquels il serait à l’aise et les domaines pour lesquels il aurait de l’intérêt, donc la première chose est d’échanger avec lui pour définir une formation.

Dans cet échange il faut lui apporter une description fine de la réalité des tâches et du type de relation. Lorsqu’on présente une tâche, il faut lui exposer le cadre dans sa globalité et la place de la tâche dans l’ensemble. Il faut détailler la séquence des événements. Il faut présenter le relationnel professionnel à K en sachant qu’il n’a pas une bonne compréhension intuitive de la relation. K n’a pas une bonne capacité à décoder l’infra verbal.  Pour autant il est capable d’empathie et il est même particulièrement attentionné envers l’autre si la relation a du sens pour lui. Ceci est valable pour toutes les relations construites avec K quel que soit le contexte.

Si K est bien encadré en lui expliquant de manière simple et claire une tâche à accomplir et en situant les relations de son entourage, il est un très bon collaborateur. Il est capable de prendre des responsabilités.

K a une bonne écoute et son empathie crée un contact agréable. Dans une conversation, il ne peut pas être meneur car sa pensée manque d’un déroulement dans le temps et de liens entre les événements. Lorsque le contexte est bien posé, il a une bonne capacité de pensée. K a gardé un côté enfantin qui le rend chaleureux,  attendrissant, sympathique. Il a une bonne voix, un bon regard. Il est capable  de réagir à l’humour. Il est soucieux de sa tenue, il est propre. Son émotion est adaptée mais pas subtile, les catégories sont globales.

Si K vit une forte émotion ou une contrariété, sa pensée peut se désorganiser et c’est son entourage qui doit être attentif et vigilent à ces situations. Effectivement comme ses émotions ne s’expriment pas sur son visage de manière aussi profonde que ce que l’on peut attendre, son interlocuteur a plus de difficultés à mesurer ce que K vit. Il faut ne pas hésiter à poser des questions et à l’aider à verbaliser sur l’origine de sa souffrance car lui-même n’y parvient pas. En plus d’avoir une émotion négative, il est submergé par une incompréhension.

En règle général, K souffre essentiellement de ne pouvoir comprendre seul la réalité finement et dans sa globalité mais s’il est aidé, il en a la capacité. Il faut lui apporter les signaux qu’il n’a pas pu décoder ou les éléments qu’il  n’a pas pu mettre en lien.  En milieu professionnel il faut favoriser une relation référente, cela facilitera la compréhension des situations pour K.

En conclusion, K est capable d’une bonne intégration et de réaliser correctement des tâches et de manière autonome si son environnement est conscient de ce qu’il doit lui apporter régulièrement au quotidien au niveau de la compréhension de la réalité.

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le corps dans la rencontre

L’autisme est le paradigme du dysfonctionnement de la communication. La communication est altérée depuis le début de l’embryogenèse où l’information ne circule pas normalement. Cette altération  empêche la construction de la personnalité. Chez le bébé, la relation est première avant l’existence d’un sentiment d’exister.

Désirer rencontrer est aussi essentiel que désirer exister. Comment parvenir à rencontrer un enfant autiste ou un enfant qui a des troubles de la communication où rien ne favorise l’échange ?

Alors qu’habituellement, la communication s’installe naturellement, il faut là volontairement modifier notre disposition à communiquer. L’attention doit être portée uniquement sur une transformation corporelle. Avant la pensée, le corps est le moteur de cette rencontre. La parole se modifie mais elle n’est que le résultat d’une présence corporelle adaptée aux enfants qui ont une incapacité à communiquer.

Pour cela il faut travailler à deux niveaux :

  • la communication avec soi-même
  • la communication avec l’autre

Elles sont complètement liées.

La communication  avec soi-même doit être stable et centrée.  il faut favoriser une bonne circulation de l’énergie par exemple en amplifiant la respirationIl faut se dégager de toutes pensées personnelles. La pensée doit être centrée sur la relation et sur l’enfant. 

il faut que la communication avec l’autre sollicite sa globalité, en étant vigilent à un certain usage de la perception. Il faut être sensible aux mouvements et aux contrastes. La vue doit être dans un grand angle (plisser les yeux), il faut recevoir particulièrement, le timbre de la voix, les sons proximaux, les mouvements et les rythmes, il faut être relié aux sensations.

En même temps, l’adulte peut manier  une consigne, dans ce cas sont sollicités aussi une audition et une vue précise. L’adulte est attentif à la rigueur de l’échange adapté à la réalité.

Il faut chercher à sentir l’enfant par tous les modes perceptif plus que de le comprendre. Ce n’est que lorsque ce pont est posé entre l’adulte et l’enfant, que l’adulte peut avoir une intention et dire quelque chose. Ce type de relation est appelé un accordage proximal.

Cette nouvelle aptitude à communiquer fait vivre la possibilité chez l’enfant de se construire. Tout moment de communication devient alors un temps de construction de son être.

Les enfants qui ne peuvent pas communiquer, ont un corps qui n’est pas installé tranquillement dans une bonne vibration. Les tissus ne sont pas tous unifiés dans une même fluidité et homogénéité. Pour rencontrer l’autre, il faut avant tout être stable, se trouver demande de s’arrêter. Mais la vie exige toujours un mouvement, ici les mouvements sont à un niveau microscopique, l’enfant autiste ne peut pas se stabiliser pour être rencontré car il  n’a pas de mouvements microscopiques unifiant.

Pour favoriser la rencontre, il faut entraîner l’enfant à réussir à se poser en présence de l’autre.

Le corps de l’adulte doit être détendu pour favoriser une circulation de l’énergie. L’important est d’être présent et centré sur son corps dans un bon alignement qui favorise la fluidité. Il faut pour cela avoir des points d’appui, debout les deux pieds bien ancrés dans le sol, assis une sensation des fessiers et des pieds au sol. Si un son émis énerve ou crispe, il faut au contraire maintenir une détente dans le corps au lieu de se durcir.

Pourquoi l’enfant autiste est parfois violent ?

La communication s’organise autour de deux modes, celui de la rencontre et celui de la compréhension. Le mode de la rencontre est défaillant chez l’enfant autiste et parfois inexistant. L’existence d’un être humain n’est possible qu’en relation avec l’autre. L’enfant autiste avec ses moyens tente de remplacer le mode défaillant de la rencontre par d’autres stratégies. Parfois, la seule réalisable pour lui est la violence. Il n’a pas les moyens physiologiques d’être posé tranquillement pour se laisser toucher par l’autre et être en communication. Son corps ne peut pas s’installer dans une vibration qui habituellement nous met en phase avec l’autre pour communiquer. Pour lui, la seule manière de sentir l’autre est de provoquer un contact souvent violent. Le corps de l’enfant autiste n’est pas fluide, souple et homogène, son expressivité est piégée dans une tension corporelle. Pour sentir sur son corps l’autre, une certaine violence doit être atteinte dans l’échange. Mais bien sûr ce type de rencontre de deux corps tendus n’est qu’éphémère et ne laisse aucune trace constructive. Il faut au contraire ne pas répondre à cette tension et renforcer la détente pour entrainer l’enfant autiste à lâcher cette violence en lui.

Se rencontrer par le contact du regard

Lorsque l’enfant autiste est en train de sortir de son enfermement et qu’il gagne petit à petit un contact du regard, il faut apprendre aux adultes qui s’occupent de lui et à lui-même à débuter toute rencontre, après être bien posé dans son corps,  par le contact du regard. Avoir la sensation de se rencontrer dans la communication se vit par le contact du regard et par la captation de la voix sur le corps. Ainsi l’enfant autiste faisant l’expérience de ce mode par le contact du regard, ne ressent pas le besoin de toucher d’une autre manière, comme auparavant par la main ou par la violence.

Le contact du regard a la subtilité d’un toucher à distance qui est moins persécuteur qu’un toucher direct par la peau. L’enfant qui commence à parler, apprend en ayant établi le contact du regard. La distance nécessaire à la parole communicante est définie par le contact du regard.

Il est inutile de demander à un enfant qui n’a pas encore un bon contact de regard de regarder son interlocuteur. Il faut lui demander de baisser la voix pour que son corps devienne plus tranquille et posé. Ainsi centré sur lui, il a un meilleur contact de regard.

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La perception chez l’enfant autiste

Pendant la grossesse, l’embryon puis le fœtus évoluent sous l’effet de l’expressivité des gènes qui dépendent du milieu physiologique. Celui-ci  est le lieu de propagation des signaux acoustiques (la langue et les bruits du corps) et des signaux électromagnétiques. Les tissus. Les tissus des modes perceptifs (peau, oreille, nez, bouche, yeux) sont modelés dès le début de l’embryogenèse pour percevoir ensemble et de manière cohérente, les signaux électromagnétqiues et acoustiques jouent un rôle prépondérant. A la naissance le bébé perçoit de manière intelligente ses parents et les personnes qui l’entourent.

L’enfant autiste a une défaillance de l’expressivité génétique qui entrave la concordance du système perceptif.

Lorsque nous communiquons, notre système perceptif s’exerce à deux niveaux, un niveau proximal et un niveau distal. Le système perceptif proximal gère nos perceptions dans notre environnement proche quand la perception distale assure la compréhension d’un espace plus lointain. Le système perceptif proximal crée une sensation d’être proche par le contact du regard alors que nous communiquons à une certaine distance. De même la voix reçue sur l’ensemble du corps  participe à la sensation de rencontre. Le système perceptif proximal sollicite la sensualité et l’émotion. Par contre la perception distale fonctionne de manière consciente très liée à la pensée.

L’enfant autiste n’a pas pu mettre en place le système perceptif proximal, l’absence de contact de regard en est le signe. Il n’est pas capable de se sentir proche et de vivre une relation qui fait appel à un traitement de la perception à proximité. D’autant moins, que par l’absence du système perceptif proximal, il a une sensation de mouvements perpétuels en lui. Il ne peut jamais se poser. Il est impossible de rencontrer quelqu’un qui  est toujours en mouvement. Cette situation explique pourquoi il a besoin de créer du mouvement autour de lui pour se calmer. Ces mouvements incessants qui l’enrobent, sont dû au fait qu’habituellement  la construction du système perceptif proximal provoque une unité du corps par l’alliance -ou comodalité – des cinq sens. Dès le début de l’embryogenèse, il y a un mouvement d’unification des tissus au niveau de la cellule par les signaux acoustiques et électromagnétiques, cette action garantit ensuite l’unification du corps.

Un système perceptif normal nous rend unifié, posé et rend la réalité perçue compréhensible. L’information perçue est intégrée dans un système unique, elle est déjà traitée selon les fréquences de la langue.

Exemple : un enfant sorti de l’autisme me disait qu’il ne parvenait pas à faire la différence entre les boutons de son pyjama et les pommes de terre dans son assiette. Il ne les percevait qu’avec la vue en  distal, les autres sens qui habituellement s’exercent en même temps, comme le toucher,  ne venaient pas apporter un complément d’information.

Pour l’enfant autiste, les modes  perceptifs s’exercent soit seuls soit à plusieurs mais pas aux  fréquences qui peuvent être traitées par l’intelligence.

Exemple : le bruit d’un avion volant au loin qui persécute l’enfant autiste, n’est même pas retenu par notre système perceptif proximal. Par contre si nous avons une attention particulière notre perception distale s’exerce et en comparaison de notre système proximal, situe ce bruit au loin. L’enfant autiste, lui, est  pénétré par ce son et l’absence de sens le persécute.

L’enfant autiste sans le système perceptif proximal est persécuté pour se protéger il utilise comme mécanismes de défense, l’agrippement et la stéréotypie. Dans l’agrippement, l’enfant capte un état statique dans l’instant. Dans la stéréotypie, le mouvement de l’événement perçu est contrôlé mais il n’est pas intégrable par le corps.

La sortie de l’enfermement de l’enfant autiste passe par transformation de son système perceptif.

Comment stimuler le toucher, l’odorat, le goût chez l’enfant autiste ?

Pour aider l’enfant autiste, il ne faut pas hésiter à faire des expériences pour stimuler les modes perceptifs et plus particulièrement le goût, l’odorat et le toucher qui sont défaillants chez l’enfant autiste.

Il faut que l’enfant soit proche de l’adulte soit à côté soit en face. En face est préférable – ou à 90° – si l’enfant est capable d’un début de contact de regard.

L’adulte doit être détendu, les pieds bien ancrés dans le sol, un bon alignement du corps. La situation doit être confortable. La construction de ces sens passe par une vibration globale du corps qui est défaillante chez l’enfant autiste. Dans un premier temps, l’enfant capte celle de l’adulte.

A chacun ensuite d’inventer des expériences qui stimulent les cinq sens, elles doivent être simples. Il est inutile de varier beaucoup les expériences puisque l’important est la qualité de la relation avec l’adulte. Une variation très riche existe chez l’adulte et c’est celle-ci qui structure l’enfant. Il est important que l’adulte vive agréablement les expériences et fasse partager ses émotions et ses sensations.

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Hypothèses des origines de l’autisme

Toutes les pathologies de troubles graves de la personnalité sont aussi des troubles graves de la communication. Ils prennent naissance in utero, tel l’autisme. Le caractère même d’une incapacité de communication signifie que la pathologie s’est construite chez l’embryon en rapport avec son environnement. La circulation de l’information chez l’embryon est portée par des signaux acoustiques et électromagnétiques qui  dépendent des gènes et du milieu physiologique. Dans un cas pathologique, les signaux chez l’embryon ne sont pas aptes à communiquer de l’information pour permettre un développement normal.

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Autisme : réflexions

Pourquoi certains enfants autistes bougent leur corps rapidement et pourtant supportent mal les mouvements rapides autour d’eux ?

Les mouvements des enfants autistes sont souvent en dehors d’une norme perceptive à laquelle nous sommes habitués. Notre système perceptif est réglé pour capter des mouvements autour d’une norme. Les mouvements autistes que nous percevons, ne sont pas coordonnés avec fluidité.  Au fur et à mesure où l’enfant autiste se construit, sa voix comme son corps se moulent dans les mouvements normaux. En même temps, le regard est de mieux en mieux  adapté pour les mouvements rapides. L’enfant autiste peut mieux rencontrer les autres parce qu’il bouge à une vitesse plus adaptée, et il perçoit mieux son environnement parce que son système perceptif  se construit pour percevoir les vitesses normales et entre autres élevées.

exemple : La situation la pire pour l’enfant autiste est la perception de la récréation qui rassemble une multitude de mouvements très rapides. L’enfant peut être à l’aise dans d’autres lieux où de nombreuses personnes sont rassemblées si elles ne courent pas.

Un enfant sorti de l’autisme mais dont le corps n’est pas entièrement modelé dans des vitesses normales, ne peut  pas durablement s’adapter au mouvement de son environnement. La rencontre avec l’autre est une conjugaison de mouvements, un jeu de vitesses et de lenteur au niveau microscopique comme macroscopique.

Apprentissage, logiciel, robot

Pour transmettre de la connaissance à un enfant autiste, on peut faire appel à des logiciels ou des robots qui exploiteront une vitesse plus lente mais rien ne remplace une relation avec un humain qui par l’accordage proximal, inscrit la connaissance sous une forme bénéfique à plusieurs niveaux et surtout dans un système unifié. L’intégration de connaissances agit aussi au niveau de l’organisation psychique si la transmission est faite par un être humain.  Avec les machines, l’enfant captent plus facilement mais  c’est une situation d’enfermement. Seule la rencontre humaine  permet de maintenir l’enfant autiste dans une ouverture et de le soigner.

Bâillement

Dans la relation thérapeutique, le bâillement est assez fréquent. Le bâillement n’est pas une réaction volontaire. Il est une réponse salutaire du corps. Chez l’enfant autiste, l’arrivée du bâillement est certainement un signe de bonne évolution. Il peut dans un premier temps imiter le thérapeute.  L’étape suivante chez l’enfant est de bailler alors qu’il est installé de manière autonome en lui, il baille pour réajuster et se réapproprier son corps.

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