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La vierge à l’enfant

Une métaphore pour la recherchevierge-klee2

La métaphore, cœur de PILE, est une peinture de Paul Klee : La vierge et l’enfant

Nous appliquons les idées de Pascal Nouvel (L’art d’aimer la science, Puf) qui pose la métaphore comme le moteur de nouveaux concepts :

« le concept né d’une métaphore, une fois son pouvoir établi, acquiert une autonomie presque contraignante (une sorte de réalité), une certaine façon de poser le regard et de diriger l’attention s’affirme et se renforce par lui. Ce concept est une indication du « voir comme » qui s’annonçait à l’état naissant dans la métaphore. « 

la métaphore : « en elle se conjoint une connaissance et un plaisir, c’est que par elle de nouvelles pensées sont aperçues »

En regardant la représentation de la « Vierge et l’enfant » de Paul Klee, les linéaments qui semblent construire le corps du bébé, enveloppent aussi le corps de la Vierge. On peut imaginer que ces linéaments circulent à l’extérieur comme à l’intérieur des deux corps. Ce tableau est la métaphore de la communication au début de la vie. Puis les linéaments progressivement prennent forme et s’organisent autour du centre du bébé alors que celui-ci grandit. L’émergence de la parole est ce moment où les linéaments enrichis de l’intériorité de l’enfant sont lancés vers la mère.

Au cours de la vie, la parole peut être figurée comme lancée par la circulation des linéaments. Ces linéaments en circulation s’installent dans la relation et selon leur qualité de plasticité se laissent modeler par l’affect. La parole touche d’autant mieux que l’affect est bien interprété par les mots issus de  la souplesse des linéaments qui modèle l’être dans sa profondeur.

Le bébé est pensé avec une ouverture au monde plus ou moins grande et complexe dont le contact n’est pas l’enveloppe corporelle mais un mouvement incessant des linéaments qui relie extérieur et intérieur. Cette idée veut faire abandonner une enveloppe immobile qui protège comme parexcitation. Ainsi nos limites protectrices ne sont pas à la limite de nous mais un mouvement incessant sans relâche entre nous et le monde. Lorsque « l’être » ne peut pas être la source du lancement des limites, alors le sujet s’agrippe à des sensations immobiles.

Puisque nous travaillons avant la pensée et le langage, l’espace et le temps n’existent pas comme ce que nous connaissons lorsque nous avons un corps. Le temps et l’espace sont potentiellement dans les linéaments en mouvement puisque mathématiquement c’est une vitesse, c’est-à-dire des mètres par seconde. L’existence du corps reste à ce stade de vitesse par contre la représentation du corps nécessaire à la pensée et au langage se construit dans un espace et un temps.  Ce modèle entraîne une autre manière de vivre la parole : une bonne circulation des formes est une garantie de l’installation du spatio-temporel et de la mémoire. Dans les souvenirs, la circulation des formes contient le corps passé émotionnel qui colorie la mémoire. Si la circulation est bonne, le sujet vit centré dans ses émotions et ses sensations, ainsi l’histoire, la pensée sont proches du corps. Le corps évoluant, vieillissant, l’histoire s’inscrit linéairement car le corps marque les repères spatio-temporels. Si l’angoisse de mort ou la charge sexuelle, nouent les linéaments circulants qui forme le corps, l’histoire s’embrouille car le corps est immobilisé, le temps n’existe plus. Le sujet doit alors parler à un autre pour transformer son corps et écrire son histoire.

La Vierge ne regarde pas son enfant, les jeux des regards ne sont pas figurés. Par contre dans ces deux autres peintures, Paul Klee insiste sur la présence des yeux au milieu des linéaments. Une manière de nous questionner sur le rôle du regard dans la circulation des linéaments.

Une réflexion sur le regard et la parole est proposée à partir de la situation amoureuse.

La relation amoureuse

Sauf exception, une relation s’amorce par un échange de regard – furtif on se quitte – quand l’échange de regard promet une continuité, on éprouve le besoin de parler.

Si la parole reste absente, l’échange de regard peut déclencher une ouverture vertigineuse ; si ces deux personnes ont une attirance amoureuse mutuelle, le vertige se transforme en plaisir. Il faut élargir « attirance amoureuse mutuelle » aux plaisirs du réveil des vécus archaïques toujours très chargés d’érotisme. Ce gouffre implosif où l’on se perd, est évité par la parole mais aussi la danse des mains dans l’espace entre les deux êtres qui communiquent ainsi que les expressions de visage et de corps (la danse).

Pour comprendre ce qui se passe au début de la vie, il faut raisonner avec la situation amoureuse. Le regard sans parole ouvre les formes, ce mouvement apporte du plaisir sensuel sans engager l’être. Par contre une émission de parole recentre sur l’être tout en adressant un message vers l’autre. Un regard amoureux associé à une parole d’amour, est un engagement dans l’altérité puisque les deux coexistent.

Ce n’est pas le regard qui déclenche la parole mais c’est la nécessité de redevenir soi et dans un deuxième temps rejoindre l’autre. Le regard rapproche infiniment, la parole recrée une séparation. La parole organise la circulation des formes autour de soi tout en envoyant un message à l’autre pour le retrouver mais elle ne parviendra jamais à la sensation de plaisir du regard dans la proximité.

Le long travail psychique du bébé pour atteindre la parole, est surtout la mise au point de cette circularité des formes autour de lui (qui passent en lui) pour ne pas se perdre en l’autre.

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repères pour une recherche en deça de la parole

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Avant de débuter le cœur même de la recherche sur les précurseurs de la parole, il faut réfléchir aux particularités d’une recherche qui se situe avant la pensée et le langage.

Des questions fondamentales se posent aussi bien concernant le domaine lui-même que les outils possibles :

ØComment saisir les phénomènes indicibles à l’origine de la construction de la parole ?

ØComment construire un fil conducteur de recherche sans utiliser l’outil qu’est la pensée discursive ?

· Contenu de pensée : minimiser l’impact de la représentation

· Raisonnement : Le fil conducteur de la recherche ne peut pas être un raisonnement linéaire à partir d’une hypothèse.

LE DOMAINE

Comment saisir les phénomènes indicibles à l’origine de la construction de la parole ?

ØC’est le langage qui permet d’accéder à la partie d’un tout. Donc en deçà de la parole, on travaille au niveau de la globalité dans le temps et dans l’espace.

ØLa représentation permet de se poser dans un repère espace-temps. Avant la représentation, c’est le mouvement qui caractérise les phénomènes.

ØPour saisir des phénomènes en deçà de la parole, on ne s’intéresse pas au contenu de la communication mais à son système d’organisation.

àEtude de l’organisation d’un système de mouvements

GLOBALITE  DANS  L ESPACE

Elle signifie deux choses :

ØOn analyse la synchronisation des mouvements du corps du bébé à l’opposé de faire une étude approfondie de chaque mouvement.  Si on retient les mouvements de la voix, du regard et des mains comme participant à la construction de la parole, l’analyse est faite sur leur synchronisation.

ØOn étudie l’ensemble des mouvements du bébé  en interaction avec la mère. Le bébé est en train de construire  son système pour parler en communiquant avec sa mère.

SYSTEME  D ORGANISATION DE MOUVEMENTS DANS  L ESAPCE ENTRE LA MERE ET LE BEBE

Il n’est pas question de savoir ce qui se dit sur le corps de la mère car ceci est au niveau de la représentation. La mère est considérée comme un système de mouvements qui doivent former un ensemble cohérent. On ne s’intéresse donc pas à l’anamnèse.

Les concepts ne cherchent pas à modéliser les fonctionnements intérieurs du « bébé » et de la « mère » mais on tente de modéliser ce qui se passe dans l’espace entre le bébé et la mère. volume-exterieur

Deux questions doivent donc être traitées :

ØComment l’information circule à fonction du système perceptif

ØComment le bébé construit l’organisation de ses mouvements à partir du système cohérent des mouvements de la mère ?

ILLUSTRATIONS DE  CES IDEES

La parole s’est construite dans les mouvements entrelacés de la mère et son bébé.

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GLOBALITE DANS LE TEMPS

Pour saisir les phénomènes qui construisent chez le bébé la parole avant son émergence, il faut étudier l’évolution des mouvements sur un espace de temps court comme la minute et sur un temps calendaire.

C’est le traitement de films qui permettent d’accéder  à l’évolution.

Remarque : On a retenu  de suivre l’évolution des mouvements des mains, de la voix et des yeux parce qu’ils sont utilisés dans la communication. Ils sont visibles. Est-ce qu’on ne passe pas à côté de phénomènes invisibles ?  Grâce à l’approche globale  dans le temps et dans l’espace, on donne une chance d’atteindre un niveau en deçà de la parole.


INSTALLATION

L’installation est définie en respectant la globalité du temps et de l’espace.

ØPrincipe de spontanéité pour être dans une relation normale. Aucun instrument de mesure qui gène l’interaction. On mesure la parole qui est en train de se construire.

ØEntre 3 mois et 9 mois car âge où il est capable de rester assis 15 mn dans le transat. Or le modèle montrera que c’est un âge clef pour les précurseurs dû à cette distance où déjà le bébé est séparé tout en étant dans la sphère de la mère.

ØDans la cellule vidéo, le bébé est installé dans un transat pour être filmé dans une même situation tous les mois. L’important est de saisir l’évolution à une échelle d’une minute et à une échelle calendaire.

LA PENSEE

Les idées organisatrices de la recherche doivent être issues d’expériences de communication avant l’émergence des mots :

Ørencontre clinique avec les pathologies  de troubles graves du langage et

ØRencontre avec les bébés

·Pour favoriser une pensée en réseau à l’opposé d’une pensée linéaire, la réflexion qui a organisé la recherche a été menée avec un site internet.

·L’ensemble des chercheurs cliniciens et scientifiques a favorisé une circulation de la pensée en réseau.

·Le langage approprié à la description des mouvements et à l’évolution est le langage mathématique.

·Pour minimiser l’impact de la représentation, il faut utiliser comme support de pensées des films traités avec des réalités augmentées.

àRecherche qui laisse des phénomènes imprévus apparaître

MESURES STATISTIQUES  ET  PHENOMENES UNIVERSELS

ØLes mesures des mouvements des bébés en interaction avec leur mère permettent d’analyser des comportements. Mais ces mesures sont à  l’instant t et ne tiennent pas compte de l’évolution. Elle concerne un mouvement partiel qui n’est pas mis en cohérence avec l’ensemble du fonctionnement du bébé.

ØLes pensées indicibles viennent de l’expérience clinique :

ØL’expérience clinique avec des enfants qui ont des troubles graves du langage, génère des concepts sur la construction de la parole. Il y a une prise en compte de l’ensemble de l’enfant en évolution mais les phénomènes  vécus en thérapie ne sont pas mesurables et ont lieu avec des enfants spécifiques et en petit nombre.

ØL’´etude des précurseurs de la parole ne doit pas porter sur les spécificités des individus mais bien saisir les phénomènes universels chez le bébé.

LE LANGAGE MATHEMATIQUE

ØPour atteindre un niveau de fonction et non de représentation, il faut raisonner avec des mathématiques.

Ø L’analyse statistique doit saisir l’évolution du comportement du bébé qui est en train de construire sa future parole.

DES FILMS POUR PENSER LE MOUVEMENT

Ø Films avec une réalité augmentée.(visualisation de spectrogrammes de la voix de la mère et des mouvements du bébé …)

Ø Création d’un DVD.

IDEES  CENTRALES

ØLe système perceptif participe aux phénomènes qui créent l’émergence de la parole.

ØNos cinq modes perceptifs, le Toucher, l’Odorat, le Goût, l’Audition et la Vue créent des alliances au début de la vie. C’est la comodalisation. C’est un système d’organisation de la communication.

ØLes mouvements rythmés unifient la globalité. Les mouvements des mains, des pieds et de la vocalise doivent se synchroniser pour former un système cohérent.

Il en découle une idée clef :

àChaque mode perceptif est organisé par un  mouvement rythmé.  Ces mouvements rythmés sont organisés par la langue orchestrée par la mère.

Il est  plus facile de mesurer les mouvements  que la comodalité.

Il existe un lien intrinsèque entre l’organisation des mouvements et l’organisation de la comodalité

REPERES POUR UNE RECHERCHE EN DECA DE LA PAROLE

L’étude doit se situer au niveau :

·d’un système

·des mouvements

·de l’évolution  du système

·d’une globalité du temps et de l’espace

·De l’espace entre la mère et le bébé

Les idées sont issues :

·Expérience clinique avec des enfants qui ont des troubles graves du langage

·Nombreuses rencontres avec des bébés et observation de films de bébé

Outils

·Un site internet pour penser en réseau.

·Usage de films dont des films avec une réalité augmentée

·Usage des mathématiques pour conceptualiser

·Populations suffisantes pour l’analyse statistique

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